Soirée débat / préférence cantonale & naturalisation facilitée de la 3ème génération

Les JLRN organisaient vendredi (13 janvier 2017) un débat dans les locaux du Cercle national. Cette rencontre avait pour objectif de permettre à la population et aux membres de notre parti de comprendre les enjeux du projet proposé par l’UDC au niveau cantonal, sur la préférence indigène. Un deuxième débat sur la votation concernant la naturalisation facilitée des étrangers de troisième génération venait compléter le programme de soirée.

 

Pour l’occasion, le comité avait pris contact avec quatre politiciens de la région pour animer les deux débats. La première discussion contradictoire opposait Matthieu Aubert, membre de la direction du CNCI (chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie) et conseiller général PLR à Hauterive, à Xavier Challandes, actuel président du Grand-Conseil et membre du comité de l’UDC neuchâteloise. Dans un deuxième débat, s’opposaient Niels Rosselet-Christ, secrétaire politique de l’UDC neuchâteloise et conseiller général dans le Val-de-Travers et Romain Dubois, président des jeunes socialistes et du Conseil général de Boudry.

 

Nicolas Jutzet, vice-président de notre section, modérait le premier débat. Investi de la mission de nous présenter en quelques mots le projet du parti le plus à droite de l’échiquier politique, il ouvrait la discussion. Le « new deal », programme de notre conseiller d’Etat socialiste Jean-Nathanaël Karakash, constituait la première problématique ; Il traite du partenariat privé-public visant, lorsqu’elle est disponible, à encourager les employeurs à embaucher de la main d’œuvre locale. Selon Matthieu Aubert, il est regrettable de prôner, aux termes dudit projet, des mesures coercitives alors que l’impact de ce « new deal » dans notre canton, puisqu’instauré il y a à peine un an, ne peut encore être évalué. Il dénonce la visée électoraliste de l’UDC qui, dans un souci de mobiliser ses électeurs à trois mois d’une échéance cantonale d’importance, se désintéresse complétement de l’intérêt général. Sachant qu’un projet quelque peu similaire a vu le jour dans le canton de Genève, Xavier Challandes se demande pourquoi cela se passerait différemment dans notre canton, une solution viable passe par des mesures contraignantes pour nos entreprises. Matthieu Aubert relève que l’UDC se trompe : Au lieu d’analyser l’origine d’un problème et de lui apporter une solution ciblée, l’UDC pose une simple hypothèse, laquelle ne lui permet pas de présenter une réponse aboutie. Le cas genevois concerne la parapublic et n’est guère comparable au projet neuchâtelois. Le débatteur PLR s’enquiert alors auprès du président du Grand-Conseil de la teneur probable de la loi d’application qu’impliquera la proposition UDC. Ce dernier répond que son parti n’y a pas encore réfléchi, des contrôles, par ciblages impromptus dans les entreprises locales, pourraient être envisageables, avec des amendes pour celles qui violeraient la loi. Matthieu Aubert dénonce un interventionnisme excessif de l’Etat dans le domaine privé et regrette que l’UDC, par cette proposition, impose une augmentation de la bureaucratie. Il mentionne que l’étude faite par l’université de Neuchâtel sur les problèmes que pose l’emploi dans notre canton est claire, les Neuchâtelois cherchant du travail ne correspondent que dans une minorité des cas aux exigences et aux profils que tentent de recruter les entreprises. Il faut donc se focaliser non pas sur la problématique de l’embauche mais sur la formation et dissuader les jeunes de faire des formations dans des domaines sans avenir. Les travailleurs frontaliers ne sont donc, selon cette étude, nullement à l’origine du problème. Xavier Challandes est d’avis que le « new deal » est voué à l’échec, seules des mesures contraignantes endigueront l’augmentation progressive du taux de chômage. Il ne nous reste donc plus qu’à attendre le texte que proposera par l’UDC.

 

Le deuxième débat présentait un texte qui sera soumis dans un peu moins d’un mois au verdict populaire. Niels Rosselet-Christ exposa rapidement les enjeux de son parti dans cette votation. Pour lui, les étrangers de troisième génération ne posent pas de problème d’intégration. Ils pourraient sans aucun doute bénéficier de cet allégement de la procédure, cependant il est nécessaire de penser aux cinquante prochaines années et à la vague migratoire provenant des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du nord. Les étrangers qui nous arrivent sont de confession musulmane et ne partagent pas du tout nos valeurs. Nous courons le risquons de perdre une partie de nos coutumes et de notre identité si des gens d’obédience si différente de la nôtre s’immiscent dans la vie publique. Il y a aujourd’hui un système de naturalisation qui met l’intégration au centre des priorités et il n’y a pas de raison d’en changer. Romain Dubois s’oppose clairement à cette vision, pour lui, les conditions posées par la loi d’application pour jouir de la naturalisation facilitée sont d’excellents garde-fous à des dérives ou des problèmes relatifs à l’absence d’intégration. Il relève que l’UDC n’axe sa campagne que sur l’islam. Il fait état du communiqué de presse de l’UDC, ce dernier énumère en quelques points, des pratiques musulmanes incompatibles avec notre mode de vie. Il poursuit en évoquant la burka : « Les seules femmes portant la burka en Suisse figurent sur vos affiches, il faut arrêter de stigmatiser l’islam ! » Il lui paraît évident que les étrangers, scolarisés en Suisse et dont les parents sont dans notre pays depuis longtemps, tout comme nous, y trouvent leur place et une naturalisation qui doit désormais être facilitée.

 

Niels Rosselet-Christ appuie son propos en disant que les Espagnols, les Italiens, les Portugais, tous issus d’une culture judéo-chrétienne, ne posent pas de problème contrairement aux étrangers qui arrivent maintenant en Suisse, dont les valeurs sont bien différentes. L’inversion du fardeau de la preuve constituerait un danger. Ces nouveaux arrivants doivent prouver qu’ils sont intégrés. Romain Dubois s’insurge et ne voit pas qui pourrait passer entre les mailles du filet eu égard aux nombreuses conditions à remplir et à la procédure de recours prévue.

 

La place étant laissée au public, Léo Kienholz relève que, contrairement à ce que prétend Niels Rosselet-Christ, l’intégration des étrangers venus des pays du sud de l’Europe ne s’est pas faite aussi naturellement que ce qu’il le dit, rien ne permet de penser que les étrangers que l’on accueille aujourd’hui ne réussissent pas leur intégration. Matthieu Aubert relève qu’une loi n’est pas gravée dans le marbre, en présence de dérives ou d’abus, des mesures pourront être prises et, cas échéant, les lois changées.

 

Au terme de ces deux débats, c’est dans la bonne humeur que les débattaires et le public se sont retrouvés pour un apéritif et poursuivre leurs échanges sur ces deux thèmes très controversés. Globalement et, grâce à la présence du public, cet événement fut une réussite.

Cela nous encourage donc à remettre l’ouvrage sur le métier !

 

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